Advanced Planning and Scheduling

APS : comment coordonner production, stocks et approvisionnements ?

Advanced Planning and Scheduling

Un APS (Advanced Planning and Scheduling) permet de planifier ensemble la production, les stocks et les approvisionnements. Il croise les commandes, les prévisions, les stocks disponibles, les besoins en matières, les délais fournisseurs et les capacités des machines afin de construire un planning cohérent.

Pour une entreprise industrielle, l’intérêt est surtout d’éviter qu’une décision prise sur un maillon perturbe les autres. Une hausse des ventes peut par exemple nécessiter davantage de matières premières, alors qu’une machine déjà saturée empêche d’augmenter immédiatement les volumes fabriqués.

📊 L’APS rassemble les données nécessaires au planning

Les commandes et prévisions

L’APS commence par les besoins à satisfaire : commandes fermes, prévisions commerciales, niveaux de service attendus et dates de livraison. Ces données permettent de déterminer les quantités à produire sur chaque période.

Les stocks disponibles

Le système tient compte des produits finis, composants et matières premières présents dans les entrepôts. Il peut également intégrer les stocks réservés, les commandes fournisseurs en cours et les quantités déjà affectées à la production.

Les nomenclatures et gammes

Les nomenclatures indiquent les composants nécessaires à chaque produit. Les gammes renseignent les différentes opérations de fabrication. Ces informations permettent de passer du besoin en produits finis aux besoins en matières et en capacités de production.

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🏭 L’APS rapproche les besoins matières et les capacités de production

Calculer les approvisionnements nécessaires

Une fois le programme de production établi, l’APS détermine les composants nécessaires. Il tient compte des stocks et des commandes déjà passées pour identifier les quantités restantes à commander.

Par exemple, si 2 000 composants sont nécessaires, que 800 sont disponibles et que 700 sont déjà commandés, le besoin restant s’élève à 500 unités.

Intégrer les délais fournisseurs

La quantité ne suffit pas : la date de réception doit correspondre au calendrier de fabrication. Si un composant demande six semaines pour être livré, l’ordre d’achat doit être lancé suffisamment tôt.

Le système peut ainsi faire apparaître les risques de rupture avant que la production soit bloquée.

Tenir compte des capacités machines

L’APS vérifie également si les ressources peuvent absorber la charge prévue. Il prend en compte les horaires, les temps de fabrication, les réglages, les arrêts planifiés et les opérations de maintenance.

Une commande supplémentaire peut ainsi être acceptée uniquement si les capacités nécessaires sont disponibles.

🔄 L’APS permet de réagir aux imprévus

Un fournisseur annonce un retard

Un retard fournisseur peut affecter plusieurs ordres de fabrication. L’APS permet d’identifier les produits concernés et d’examiner les solutions disponibles : autre fournisseur, stock d’un autre site, changement de séquence ou report d’un ordre.

Une machine devient indisponible

Une panne peut provoquer une surcharge sur les autres ressources. Le planificateur peut alors déplacer certains ordres, utiliser une machine alternative ou revoir les priorités.

La demande évolue

Une commande importante ou une hausse des prévisions peut modifier le programme initial. L’APS recalcule les besoins afin de vérifier les conséquences sur les matières, les stocks et les capacités.

🧮 Les scénarios facilitent les arbitrages

Tester une hausse de la demande

Le planificateur peut simuler une augmentation de 10 ou 20 % des volumes afin de vérifier les ressources et les approvisionnements nécessaires.

Simuler une baisse de capacité

Une machine indisponible pendant plusieurs jours peut être intégrée à un scénario. Le système fait alors ressortir les ordres susceptibles d’être décalés.

Comparer plusieurs solutions

L’entreprise peut examiner plusieurs hypothèses avant de retenir son planning :

SituationRéponse possible
Matière manquanteCommander ou utiliser un autre stock
Fournisseur en retardDécaler ou réaffecter la production
Machine saturéeModifier les séquences
Forte demandeAugmenter les capacités ou sous-traiter
Stock trop élevéRéduire les commandes futures

📦 Les stocks sont intégrés directement au calcul

Éviter les ruptures

L’APS rapproche les besoins futurs des quantités réellement disponibles. Les composants présentant un risque de rupture peuvent être signalés avant le lancement de la production.

Éviter les surplus

À l’inverse, le système peut faire ressortir des approvisionnements qui conduiraient à accumuler des quantités trop importantes par rapport aux besoins prévus.

Ajuster les stocks de sécurité

Les stocks de sécurité peuvent être définis selon les délais fournisseurs, la variabilité de la demande et la criticité des références. Toutes les matières n’ont donc pas besoin du même niveau de réserve.

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🔗 ERP, MRP, APS et MES : quatre niveaux pour piloter la chaîne industrielle

Ces quatre outils sont souvent cités ensemble, alors qu’ils ne répondent pas aux mêmes besoins. L’ERP enregistre et organise les données de l’entreprise, le MRP calcule les besoins en matières, l’APS construit des plans en tenant compte des contraintes et le MES suit l’exécution en atelier. Leur complémentarité devient particulièrement intéressante dans les environnements industriels où les commandes, les stocks, les achats et les capacités de production doivent rester alignés.

🏢 L’ERP pour regrouper les données de l’entreprise

L’ERP (Enterprise Resource Planning) constitue généralement le socle du système d’information. Il rassemble les données relatives aux clients, fournisseurs, articles, commandes, achats, stocks, ventes, facturation et comptabilité.

Lorsqu’une commande client est enregistrée, elle devient une donnée exploitable par les autres systèmes. L’ERP sait également quelles quantités sont disponibles en stock, quelles commandes fournisseurs sont en cours et quels articles sont référencés dans le catalogue.

Dans une entreprise industrielle, l’ERP peut ainsi contenir :

  • les commandes clients ;
  • les commandes fournisseurs ;
  • les niveaux de stock ;
  • les fiches articles ;
  • les nomenclatures ;
  • les fournisseurs ;
  • les tarifs d’achat ;
  • les données administratives ;
  • les mouvements de stock.

Son objectif principal n’est toutefois pas de construire le meilleur ordonnancement possible. Il sert avant tout à faire circuler et enregistrer les informations nécessaires aux différents services.

📦 Le MRP calcule les besoins en composants

Le MRP (Material Requirements Planning) intervient principalement sur les besoins en matières et composants.

À partir des commandes, des prévisions, des nomenclatures et des stocks disponibles, il détermine les quantités nécessaires pour fabriquer les produits prévus.

Prenons un produit qui nécessite deux moteurs et quatre vis. Pour une production de 500 unités, le besoin théorique est de :

ComposantBesoin pour 500 produits
Moteurs1 000
Vis2 000

Le MRP rapproche ensuite ces besoins des stocks existants et des commandes fournisseurs déjà lancées.

Si l’entreprise dispose de 700 moteurs et de 1 200 vis, le calcul fait apparaître les quantités restantes à approvisionner.

Le MRP répond donc principalement à une question : quelles matières faut-il obtenir pour pouvoir fabriquer les quantités prévues ?

Il prend notamment en compte les délais d’approvisionnement, les tailles de lots et les stocks de sécurité. En revanche, une planification MRP classique ne traite pas toujours avec le même niveau de détail les contraintes de capacité des machines ou la séquence optimale des opérations.

⚙️ L’APS ajoute les contraintes industrielles

L’APS (Advanced Planning and Scheduling) intervient à un niveau plus avancé. Il ne cherche pas uniquement à savoir quelles matières sont nécessaires : il vérifie également si la production peut réellement être réalisée dans les délais prévus.

Le système peut intégrer :

  • les capacités des machines ;
  • les horaires de production ;
  • les temps de fabrication ;
  • les temps de réglage ;
  • les changements de série ;
  • les indisponibilités ;
  • les délais fournisseurs ;
  • les priorités clients ;
  • les ressources alternatives ;
  • les contraintes liées aux équipes.

Prenons une entreprise qui dispose de suffisamment de matières pour fabriquer 1 000 produits, mais dont une machine ne peut produire que 600 unités sur la période prévue.

Le MRP peut identifier les besoins en matières pour 1 000 unités. L’APS va plus loin : il fait apparaître la surcharge de la ressource et permet de repositionner les ordres, de modifier les séquences ou d’utiliser une capacité alternative.

C’est cette prise en compte des contraintes qui distingue principalement l’APS d’un simple calcul MRP.

🏭 Le MES décrit ce qui se passe réellement dans l’atelier

Le MES (Manufacturing Execution System) intervient davantage au niveau de l’exécution.

Une fois le planning établi, le MES permet de suivre les opérations réalisées dans l’atelier. Il peut récupérer des informations provenant des machines et des opérateurs : quantités produites, temps de fabrication, arrêts, rebuts ou avancement des ordres.

Il crée ainsi un lien entre le planning théorique et la situation réelle.

Par exemple, si une fabrication devait durer quatre heures mais qu’un problème technique provoque un arrêt de 45 minutes, cette information peut être remontée au système. Les équipes disposent alors d’une vision actualisée de l’avancement de l’ordre.

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