La France a enregistré un déficit commercial de 5,778 milliards d’euros à fin février 2026, selon les dernières données publiées par les Douanes. Après un pic de 7,9 milliards en février 2025, la situation montre une amélioration relative, mais la balance commerciale reste fragile face aux évolutions des marchés internationaux et aux pressions sur certains segments économiques
Les échanges extérieurs en février 2026 : chiffres clés
| Indicateur | Valeur | Évolution sur 1 an |
| Déficit commercial | 5,778 Mds € | -2,122 Mds € |
| Exportations | 51,3 Mds € | +2,8 % |
| Importations | 57,1 Mds € | +5,6 % |
| Déficit énergétique | 8,4 Mds € | -1,1 Md € |
| Taux de couverture | 89,8 % | +3,1 points |
Les exportations françaises ont progressé de 2,8 % sur un an, atteignant 51,3 milliards d’euros, portées principalement par l’aéronautique, le luxe et les produits agroalimentaires. Cependant, les importations ont augmenté plus rapidement (+5,6 %), principalement sur les produits énergétiques, électroniques et certains biens intermédiaires, entraînant un déséquilibre persistant.
Déficit énergétique
Le déficit énergétique reste le plus lourd contributeur au solde commercial :
- Pétrole brut et produits raffinés : 4,7 Mds €
- Gaz naturel : 2,6 Mds €
- Électricité et autres énergies : 1,1 Md €
Même si la facture énergétique a légèrement baissé par rapport à février 2025 (-1,1 Md €), la dépendance aux importations reste élevée.
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Analyse par secteur
1. Industrie manufacturière
| Secteur | Exportations (Mds €) | Importations (Mds €) | Solde (Mds €) |
| Automobile | 6,8 | 7,2 | -0,4 |
| Aéronautique | 5,3 | 0,9 | +4,4 |
| Électronique | 3,1 | 4,7 | -1,6 |
| Chimie et pharmacie | 4,9 | 3,2 | +1,7 |
L’industrie automobile reste en déficit net (-0,4 Md €), en partie à cause des composants importés pour les véhicules électriques. L’aéronautique demeure un moteur positif pour le commerce extérieur (+4,4 Md €), grâce aux ventes à l’international de pièces et avions complets. L’électronique affiche un déséquilibre croissant, tandis que la chimie et la pharmacie génèrent un excédent notable.
2. Agroalimentaire et biens de consommation
| Secteur | Exportations (Mds €) | Importations (Mds €) | Solde (Mds €) |
| Produits agricoles | 2,7 | 1,9 | +0,8 |
| Vin et spiritueux | 1,5 | 0,2 | +1,3 |
| Produits manufacturés | 3,8 | 5,0 | -1,2 |
Le vin et les spiritueux restent un point fort du commerce français, tout comme certains produits agricoles. À l’inverse, les biens manufacturés continuent de peser sur le solde commercial.
Échanges par région
- Union européenne : 67 % des exportations françaises, mais aussi 60 % des importations. La France reste fortement intégrée à l’économie européenne.
- Asie : exportations en hausse (+8 %), portées par la Chine et le Japon, mais importations énergétiques et électroniques également importantes.
- Amérique du Nord : excédent modéré grâce à l’aéronautique et au luxe, mais dépendance aux composants électroniques.
L’équilibre avec les pays voisins est donc relativement stable, mais la croissance du déficit provient surtout des importations hors UE, notamment l’énergie et les matières premières.
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Les éléments structurels du déficit
Plusieurs tendances structurelles expliquent la persistance du déficit :
- Dépendance énergétique : les importations d’hydrocarbures et de gaz représentent environ 8,4 Mds €, soit près de 15 % des importations totales.
- Faible dynamisme de certains secteurs : l’automobile, l’électronique et les biens manufacturés enregistrent un solde négatif cumulé de 3,2 Mds €.
- Concentration des exportations : une partie de l’exportation française repose sur quelques secteurs très performants (aéronautique, luxe), ce qui rend la balance vulnérable aux fluctuations de ces marchés.
- Variations des prix internationaux : le pétrole et le gaz ont connu une hausse moyenne de 8 % sur les deux derniers mois, augmentant la facture importée.
Scénarios pour 2026
Les perspectives pour le commerce extérieur français restent conditionnelles :
| Scénario | Exportations | Importations | Déficit projeté |
| Croissance modérée mondiale | +3 % | +4 % | 5,5-6 Mds € |
| Stabilisation des prix de l’énergie | +3 % | +2 % | 4,5-5 Mds € |
| Tensions géopolitiques | +1 % | +6 % | 6,5-7 Mds € |
Ces projections soulignent la sensibilité du déficit aux évolutions externes, mais aussi le rôle crucial d’une diversification des exportations et d’une maîtrise des importations énergétiques.
Conclusion
Le déficit commercial français de 5,778 milliards d’euros à fin février 2026 reste élevé malgré une amélioration par rapport à l’an dernier. La balance montre une dépendance persistante à l’énergie et à certaines importations stratégiques, tandis que les exportations demeurent concentrées sur un nombre limité de secteurs.
La stabilité de la balance commerciale en 2026 dépendra de :
- La relance des secteurs manufacturiers et industriels
- La diversification des marchés à l’international
- La réduction de la dépendance énergétique par la transition vers des énergies renouvelables
- La résilience face aux variations des prix mondiaux et aux tensions géopolitiques
Sans actions structurelles pour soutenir les exportations et optimiser les importations, la France pourrait voir son déficit commercial rester à des niveaux élevés, limitant la capacité de croissance de son économie extérieure.







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