Dans un entrepôt, une grande partie du temps de préparation de commandes est absorbée par les déplacements des opérateurs. Marches inutiles, trajets répétitifs, allers-retours mal organisés ou implantation peu cohérente des références finissent par ralentir fortement les cadences.
Dans certains centres logistiques, les déplacements représentent plus de 50 % du temps total consacré au picking. Cette réalité pousse désormais les entreprises à revoir l’organisation complète des flux internes afin de gagner en rapidité, en productivité et en rentabilité.
L’optimisation des déplacements ne repose pas uniquement sur la vitesse des préparateurs. Elle dépend surtout de la manière dont l’entrepôt est structuré, piloté et équipé.
Les trajets inutiles pèsent lourd sur les coûts logistiques
Chaque mètre parcouru dans un entrepôt possède un coût réel :
- temps de préparation ;
- fatigue des équipes ;
- baisse des cadences ;
- erreurs de picking ;
- usure du matériel ;
- consommation énergétique.
Dans les plateformes e-commerce ou les grands centres de distribution, quelques secondes perdues par commande peuvent représenter des centaines d’heures sur une année complète.
Réduire les déplacements devient donc un levier direct :
- de productivité ;
- de rentabilité ;
- de capacité opérationnelle.
L’implantation des stocks reste la base du picking performant
Avant même d’investir dans des logiciels ou dans l’automatisation, la première étape consiste souvent à revoir l’organisation physique des références.
Une implantation mal pensée génère des déplacements permanents.
Les produits les plus demandés doivent être placés :
- près des zones d’expédition ;
- à hauteur ergonomique ;
- dans des zones rapidement accessibles.
Cette logique repose généralement sur la méthode ABC.
A lire aussi: Taux de commandes en retard (Backlog) : définition, calcul et enjeux
La méthode ABC réduit les distances de circulation
Le principe ABC consiste à classer les références selon leur fréquence de sortie.
Les produits A
Ils représentent souvent :
- 10 à 20 % des références ;
- mais jusqu’à 70 ou 80 % des prélèvements.
Ces articles doivent être accessibles immédiatement.
Les produits B
Ils affichent une rotation intermédiaire et peuvent être stockés dans des zones secondaires.
Les produits C
Ces références à faible rotation peuvent être placées dans des espaces plus éloignés.
Cette organisation réduit fortement les kilomètres parcourus quotidiennement.
Le profilage des emplacements améliore aussi la fluidité
De nombreux entrepôts utilisent encore des emplacements standardisés peu adaptés aux dimensions réelles des produits.
Résultat :
- pertes d’espace ;
- circulation compliquée ;
- accès moins rapide ;
- manipulations inutiles.
Le profilage consiste à adapter les dimensions des emplacements :
- au volume réel ;
- au conditionnement ;
- à la fréquence de prélèvement.
Cette approche fluidifie les mouvements dans les allées.
Le batch picking réduit les tournées répétitives
Le batch picking consiste à préparer plusieurs commandes simultanément.
Au lieu d’effectuer plusieurs trajets identiques pour des commandes proches, l’opérateur réalise une seule tournée.
Cette méthode fonctionne particulièrement bien :
- dans l’e-commerce ;
- pour les petits colis ;
- dans les entrepôts à forte volumétrie.
Les gains observés peuvent devenir très importants sur :
- le temps de marche ;
- la vitesse de préparation ;
- le nombre de commandes traitées par heure.
Le picking par zone réduit les traversées d’entrepôt
Dans les grands centres logistiques, les déplacements d’un bout à l’autre du site ralentissent fortement les opérations.
Le zoning permet de diviser l’entrepôt en secteurs.
Chaque opérateur reste dans une zone précise et prépare uniquement les références qui s’y trouvent.
Les commandes sont ensuite regroupées dans une zone de consolidation.
Cette organisation :
- réduit les longues distances ;
- améliore la spécialisation des équipes ;
- fluidifie les flux.
Les itinéraires doivent être calculés intelligemment
Même avec une implantation performante, un mauvais cheminement peut faire perdre un temps considérable.
Les logiciels WMS modernes calculent désormais :
- les trajets les plus courts ;
- l’ordre optimal de prélèvement ;
- les regroupements logiques de références.
Plusieurs stratégies de circulation existent :
- parcours en S ;
- boucle complète ;
- aller-retour dirigé ;
- circuits dynamiques.
Le choix dépend :
- de la taille du site ;
- du nombre d’allées ;
- du volume de commandes ;
- du niveau d’automatisation.
A voir également: ERP, WMS, TMS : à quoi servent ces logiciels logistiques ?
Les solutions vocales accélèrent les opérations
Le voice picking équipe les opérateurs d’un casque relié au système WMS.
Les instructions sont données oralement :
- emplacement ;
- quantité ;
- validation.
Cette méthode offre plusieurs avantages :
- mains libres ;
- réduction des erreurs ;
- suppression des supports papier ;
- cadence plus rapide.
Dans certains entrepôts, la productivité progresse de 10 à 30 % après déploiement du picking vocal.
Le Pick-to-Light fluidifie les zones à forte densité
Le Pick-to-Light utilise des voyants lumineux installés sur les racks.
Le système indique directement :
- l’emplacement ;
- la quantité à prélever.
Cette technologie réduit :
- les hésitations ;
- les erreurs ;
- les temps de recherche.
Elle reste particulièrement efficace :
- pour les petites pièces ;
- dans les environnements à forte cadence ;
- sur les préparations répétitives.
Les robots mobiles modifient profondément le picking
L’automatisation progresse rapidement dans les plateformes logistiques modernes.
Les robots mobiles autonomes peuvent :
- transporter les bacs ;
- guider les opérateurs ;
- déplacer les étagères ;
- approvisionner les zones de picking.
Cette logique “goods-to-person” réduit presque totalement les déplacements humains.
L’opérateur reste fixe pendant que les produits arrivent directement à son poste.
Cette approche devient très attractive :
- dans l’e-commerce ;
- pour les entrepôts urbains ;
- dans les sites à forte densité de commandes.
L’ergonomie joue aussi sur la performance
Des déplacements mal organisés provoquent :
- fatigue musculaire ;
- baisse de concentration ;
- ralentissements ;
- accidents.
L’optimisation passe donc aussi par :
- la largeur des allées ;
- la hauteur des racks ;
- la qualité des équipements ;
- la circulation des chariots.
Un entrepôt fluide améliore simultanément :
- la sécurité ;
- la rapidité ;
- le confort de travail.
Les données du WMS deviennent essentielles
Les logiciels de gestion d’entrepôt collectent désormais une quantité importante de données :
- temps de déplacement ;
- distance moyenne parcourue ;
- taux de prélèvement ;
- congestion des zones ;
- performances par allée.
Ces indicateurs permettent d’identifier :
- les goulots d’étranglement ;
- les zones sous-utilisées ;
- les implantations inefficaces.
Les ajustements deviennent alors beaucoup plus précis.
Les pics d’activité nécessitent une organisation adaptable
Durant certaines périodes :
- soldes ;
- fêtes ;
- opérations promotionnelles ;
- Black Friday ;
les flux explosent brutalement.
Un entrepôt rigide devient rapidement saturé.
Les entreprises performantes prévoient :
- des zones temporaires ;
- des implantations saisonnières ;
- des circuits de picking dédiés ;
- des équipes mobiles.
Cette flexibilité évite l’allongement massif des temps de préparation.
La réduction des déplacements améliore aussi la qualité de service
Un picking plus fluide permet :
- des expéditions plus rapides ;
- moins d’erreurs ;
- une meilleure tenue des délais ;
- une réduction des retards.
Dans le commerce en ligne, ces éléments influencent directement :
- la satisfaction client ;
- les avis ;
- les taux de retour ;
- la fidélisation.
La logistique devient donc un élément stratégique de compétitivité.
Les entrepôts les plus performants combinent plusieurs méthodes
Il existe rarement une solution unique.
Les plateformes les plus efficaces associent généralement :
- méthode ABC ;
- batch picking ;
- zoning ;
- WMS avancé ;
- guidage vocal ;
- automatisation partielle.
Cette combinaison permet d’obtenir :
- des flux plus rapides ;
- une meilleure productivité ;
- des coûts logistiques mieux maîtrisés.
L’optimisation des déplacements dans le picking constitue désormais un enjeu majeur pour toutes les entreprises confrontées à l’accélération des livraisons et à la pression croissante sur les coûts opérationnels.







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