Minelli met la clé sous la porte

Minelli met la clé sous la porte après un nouveau redressement judiciaire

Minelli met la clé sous la porte

Le rideau tombera définitivement le 30 mai pour Minelli. Le chausseur français, emblématique de la mode accessible depuis les années 1970, a annoncé sa fermeture totale après un nouveau redressement judiciaire. Les 21 boutiques restantes vont disparaître et 86 salariés perdront leur emploi.

Cette liquidation marque une nouvelle étape dans la longue série de défaillances qui frappe le commerce français de l’habillement et des accessoires depuis plusieurs années.

Une enseigne historique incapable de retrouver l’équilibre

Fondée en 1973, Minelli avait longtemps occupé une place solide dans le marché français de la chaussure et de la maroquinerie.

L’enseigne avait connu son apogée avec :

  • plusieurs centaines de magasins ;
  • près de 600 salariés ;
  • et une forte présence dans les centres commerciaux français.

Mais le modèle économique s’est progressivement fragilisé sous l’effet :

  • de la baisse de fréquentation des boutiques physiques ;
  • du ralentissement de la consommation textile ;
  • de la concurrence du e-commerce ;
  • et de la montée des plateformes ultra-low-cost.

Le redressement judiciaire prononcé en mars 2026 était déjà le deuxième en seulement trois ans.

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Des repreneurs peu intéressés par les magasins

Le dossier de reprise a surtout mis en lumière la difficulté croissante à sauver des réseaux physiques de mode en France.

Six offres ont été déposées, mais la plupart ne concernaient que :

  • une ou deux boutiques ;
  • certains actifs ;
  • ou uniquement la marque.

Parmi les candidats figuraient :

  • SMCP via sa marque Maje ;
  • Father and Sons ;
  • Jimmy Fairly ;
  • ou encore La Mie Câline pour certains emplacements commerciaux.

Le cas le plus marquant reste celui du groupe logistique Baghaira, intéressé par :

  • la marque ;
  • les stocks ;
  • et une activité numérique,
    mais sans reprise des boutiques ni de la majorité des salariés.

Cette approche traduit une tendance lourde : la valeur commerciale des réseaux physiques diminue fortement dans la mode milieu de gamme.

Une restructuration déjà massive en 2023

Minelli avait pourtant déjà connu un premier sauvetage en 2023.

À l’époque, plusieurs investisseurs avaient repris l’enseigne au sein de la structure « Maison Minelli ».

Mais ce redressement s’était accompagné de coupes extrêmement importantes :

  • effectifs divisés par trois ;
  • fermetures de magasins ;
  • réduction des coûts ;
  • et recentrage commercial.

Malgré ces restructurations, l’entreprise n’a jamais retrouvé une rentabilité durable.

Les derniers comptes publiés faisaient état de pertes de 3,7 millions d’euros sur l’exercice 2024-2025.

La fast fashion asiatique bouleverse tout le secteur

Le cas Minelli illustre les profondes mutations du marché textile européen.

Les enseignes françaises font désormais face à plusieurs fronts simultanés :

  • hausse des loyers commerciaux ;
  • explosion des coûts énergétiques ;
  • inflation des matières premières ;
  • ralentissement de la consommation ;
  • et concurrence numérique mondiale.

Les plateformes comme Shein, Temu ou Joybuy accélèrent encore cette pression avec :

  • des renouvellements de collections ultra-rapides ;
  • des prix extrêmement bas ;
  • et une logistique très agressive.

Le marché de la chaussure milieu de gamme devient particulièrement vulnérable face à cette guerre des prix permanente.

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Les nouvelles habitudes de consommation fragilisent les enseignes traditionnelles

Le consommateur français arbitre désormais beaucoup plus fortement ses dépenses liées à l’habillement.

Plusieurs tendances modifient profondément le secteur :

  • montée de la seconde main ;
  • achats plus occasionnels ;
  • recherche permanente de promotions ;
  • préférence pour le e-commerce ;
  • et baisse de fidélité aux marques historiques.

Les enseignes traditionnelles, souvent construites autour de réseaux de boutiques coûteux, peinent à suivre ce nouveau rythme commercial.

Une nouvelle alerte pour le commerce des centres-villes

La disparition de Minelli ajoute une pression supplémentaire sur les centres commerciaux et centres-villes déjà fragilisés.

Chaque fermeture d’enseigne nationale entraîne :

  • des cellules vacantes ;
  • une baisse de fréquentation ;
  • et parfois une fragilisation de tout l’environnement commercial voisin.

Depuis deux ans, plusieurs marques françaises ont déjà traversé des difficultés majeures :

  • Jennyfer ;
  • IKKS ;
  • Okaïdi ;
  • ou encore d’autres réseaux spécialisés.

La fermeture définitive de Minelli confirme que la crise du prêt-à-porter et des accessoires ne touche plus seulement les enseignes fragiles : elle atteint désormais des marques installées depuis plusieurs décennies dans le paysage commercial français.

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