Schneider Electric va fermer une usine en France

Schneider Electric va fermer une usine en France : 145 salariés concernés

Schneider Electric va fermer une usine en France

Schneider Electric s’apprête à redessiner une partie de sa carte industrielle française. Le groupe a confirmé la fermeture programmée de son usine de Chasseneuil-du-Poitou, dans la Vienne, où travaillent 145 salariés. L’arrêt de l’activité est prévu pour 2028. Au même moment, le champion français des équipements électriques annonce un investissement supérieur à 150 millions d’euros pour construire un nouveau pôle industriel et de recherche en Normandie. Une réorganisation qui illustre les arbitrages d’un groupe en croissance, mais qui ne profite pas à tous ses sites.

La décision a été présentée mercredi 9 septembre aux représentants du personnel lors d’un comité social et économique extraordinaire. Derrière les annonces d’investissement et de développement industriel, la fermeture de Chasseneuil-du-Poitou ouvre une période d’incertitude pour les salariés concernés. Schneider Electric assure vouloir privilégier le reclassement et accompagner les parcours professionnels, mais la disparition du site marque une rupture pour cette implantation de la Vienne.

Le projet dépasse largement la seule fermeture d’une usine. Plusieurs établissements normands doivent également voir leurs activités transférées vers Évreux. Le groupe cherche ainsi à concentrer ses capacités industrielles et ses équipes de recherche sur des sites plus importants, capables de répondre aux marchés actuellement jugés prioritaires.

145 salariés concernés par une fermeture prévue en 2028

Le site de Chasseneuil-du-Poitou doit cesser définitivement son activité au printemps 2028. Ses 145 salariés sont concernés par un plan de sauvegarde de l’emploi. Pour le groupe, la fermeture s’inscrit dans une réorganisation plus large de son appareil industriel français.

Schneider Electric affirme que chaque salarié devrait recevoir au minimum deux propositions de reclassement au sein de ses différentes implantations françaises. Certaines mobilités pourraient être accompagnées d’une formation ou d’une requalification professionnelle. Des dispositifs spécifiques sont également envisagés pour les salariés proches de la retraite ainsi que pour ceux souhaitant construire un projet professionnel en dehors du groupe.

Reste une question majeure : le reclassement implique souvent une mobilité géographique. Entre une proposition d’emploi dans une autre région et le maintien d’un poste à proximité du domicile, l’écart peut être considérable pour les salariés. Le calendrier, qui laisse encore plus d’un an avant l’arrêt annoncé du site, doit permettre d’organiser cette transition, mais il ne fait pas disparaître les inquiétudes liées à la fermeture.

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150 millions d’euros pour créer un nouveau site à Évreux

Pendant que Chasseneuil-du-Poitou se prépare à disparaître de la carte industrielle du groupe, la Normandie doit devenir l’un des principaux bénéficiaires de la nouvelle stratégie. Schneider Electric prévoit d’investir plus de 150 millions d’euros dans la construction d’un nouveau site à Évreux.

Le futur ensemble industriel doit représenter environ 40 000 m². Il accueillera des activités aujourd’hui réparties sur trois implantations normandes : Beaumont-le-Roger, Le Vaudreuil et Pacy-sur-Eure. Le projet doit réunir production industrielle et recherche-développement dans un même bassin.

Les effectifs concernés sont importants. Beaumont-le-Roger compte 287 salariés, Le Vaudreuil 294, tandis que Pacy-sur-Eure emploie 166 personnes, principalement dans les activités de recherche et développement. Cette concentration représente donc un vaste mouvement de réorganisation pour plusieurs centaines de salariés.

747 emplois normands appelés à être regroupés

Au total, 747 salariés travaillent actuellement sur les trois sites normands concernés par le projet. Le transfert vers Évreux constitue l’une des plus importantes opérations de regroupement industriel annoncées par Schneider Electric en France ces dernières années.

La direction défend une logique de rapprochement des compétences. Installer sur un même site les équipes industrielles et les activités de recherche doit permettre d’accélérer les échanges entre la conception des produits et leur fabrication. Pour un groupe engagé dans des secteurs technologiques en évolution rapide, cette organisation doit aussi réduire les délais de développement.

Le projet pourrait également générer de nouveaux emplois dans la région. Mais cette perspective ne fait pas disparaître les interrogations liées au déménagement des activités existantes. Le transfert d’un emploi vers un nouveau site peut modifier profondément la vie des salariés, notamment lorsque les trajets domicile-travail deviennent plus longs ou qu’une mobilité devient nécessaire.

21,2 milliards d’euros de chiffre d’affaires au premier semestre

La réorganisation intervient alors que Schneider Electric affiche des performances financières solides. Au premier semestre 2026, le groupe a réalisé 21,2 milliards d’euros de chiffre d’affaires, avec une croissance organique annoncée de 14 %.

Ces résultats rendent la fermeture de Chasseneuil-du-Poitou particulièrement sensible. Il ne s’agit pas d’un groupe engagé dans une procédure de sauvetage ou confronté à un effondrement généralisé de ses activités. Schneider Electric procède à des arbitrages entre différents marchés et différentes capacités industrielles.

Sa branche Energy Management, directement liée aux infrastructures électriques et aux nouveaux besoins énergétiques, a notamment enregistré une progression organique de 18 % au deuxième trimestre 2026. L’électrification des usages, le développement des centres de données, les réseaux électriques et le nucléaire figurent parmi les marchés sur lesquels le groupe souhaite renforcer ses moyens.

Cette croissance ne bénéficie toutefois pas uniformément à toutes les activités. Le logement et le marché résidentiel connaissent des perspectives plus modérées, avec une forte pression sur les prix. C’est dans cette différence entre les marchés les plus dynamiques et les segments plus matures que se trouve une partie de l’explication de la nouvelle organisation.

15 000 salariés et 22 sites à réorganiser en France

Schneider Electric conserve une présence industrielle considérable sur le territoire français. Le groupe emploie environ 15 000 personnes en France, dont 6 400 salariés dans les usines, les activités industrielles et les fonctions associées.

Son appareil français compte 22 sites de production et de logistique. La décision annoncée à Chasseneuil-du-Poitou ne représente donc qu’une partie d’un ensemble beaucoup plus vaste. Mais elle révèle aussi la stratégie actuelle du groupe : concentrer davantage les investissements sur certaines implantations plutôt que maintenir toutes les structures existantes.

Le site de Dijon, qui compte environ 330 salariés, doit ainsi bénéficier d’un renforcement. En Normandie, le nouvel ensemble d’Évreux doit devenir un point de convergence pour plusieurs activités aujourd’hui dispersées.

Plus de 260 millions d’euros d’investissements annoncés en France

L’investissement de 150 millions d’euros à Évreux vient s’ajouter aux plus de 110 millions d’euros déjà annoncés en 2025 pour plusieurs usines françaises. Ces précédents investissements étaient destinés à répondre aux besoins liés aux réseaux électriques, au nucléaire et au développement des centres de données.

Sur le papier, Schneider Electric continue donc d’investir massivement dans son outil industriel français. Mais la stratégie suivie repose sur une redistribution des moyens plutôt que sur une expansion identique de tous les sites. Certaines usines sont appelées à se développer, d’autres à être regroupées, tandis que Chasseneuil-du-Poitou doit fermer.

C’est toute l’ambiguïté de cette séquence industrielle. Un groupe peut annoncer plusieurs centaines de millions d’euros d’investissements tout en supprimant une implantation et en demandant à ses salariés de changer de région ou de métier.

Chasseneuil-du-Poitou paie le prix du nouveau découpage industriel

La fermeture programmée du site de la Vienne sera désormais examinée dans le cadre du plan de sauvegarde de l’emploi. Pour les 145 salariés concernés, les prochains mois seront déterminants pour connaître précisément les postes proposés, les conditions de mobilité et les mesures financières associées aux départs éventuels.

Schneider Electric devra également convaincre que son dispositif de reclassement constitue une véritable alternative à la perte d’emploi. Les représentants du personnel auront un rôle central dans les discussions à venir, alors que la fermeture ne doit intervenir qu’en 2028.

Cette décision raconte surtout une réalité de l’industrie française : les investissements ne garantissent pas automatiquement le maintien de chaque usine. Schneider Electric parie sur des sites plus concentrés et sur les marchés de l’électrification, du numérique et des infrastructures énergétiques. Pour Évreux et Dijon, la stratégie ouvre de nouvelles perspectives. Pour Chasseneuil-du-Poitou, elle marque la fin annoncée d’une activité industrielle et le début d’une longue période de transition pour 145 salariés.

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