Après cinq années de carrière et plus de 210 000 exemplaires écoulés, la Dacia Spring change profondément de statut. La première génération avait réussi un pari industriel simple : proposer une voiture électrique à un prix jusque-là difficile à imaginer sur le marché européen. Mais derrière le logo Dacia se cachait une architecture née loin de l’Europe, issue d’un modèle développé pour les marchés asiatiques et produit en Chine.
La nouvelle génération rompt avec cette histoire. La prochaine Spring reposera sur une base technique développée au sein de Renault Group, proche de celle de la nouvelle Renault Twingo électrique. Elle sera également assemblée en Europe, en Slovénie. Plus grande, plus puissante, mieux équipée et annoncée sous la barre des 20 000 euros, elle doit permettre à Dacia de conserver son principal avantage : rendre l’électrique accessible sans sacrifier davantage les prestations automobiles.
210 000 ventes pour une première génération née en chine
La Dacia Spring a occupé une place particulière sur le marché automobile européen. Lors de son arrivée en 2021, elle n’avait pas été développée initialement pour l’Europe. Son histoire industrielle remontait à la Renault Kwid, puis à la Renault City K-ZE commercialisée en Chine. Dacia avait ensuite adapté cette base pour lancer sa propre citadine électrique sur le Vieux Continent.
Cette origine expliquait certaines qualités, mais aussi plusieurs faiblesses. La Spring était légère, simple et particulièrement économique. En revanche, ses dimensions réduites, ses prestations routières et son niveau de puissance rappelaient qu’elle avait été conçue selon un cahier des charges différent de celui des automobilistes européens.
Son succès commercial a néanmoins donné raison à Dacia. Avec plus de 210 000 unités vendues en cinq ans, la Spring est devenue l’un des symboles de l’électrique à bas prix. Le constructeur avait donc intérêt à préserver la recette tout en corrigeant les principales limites du modèle.
C’est précisément l’objectif de cette deuxième génération.
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Une base renault et une production transférée en slovénie
Le changement le plus important ne se voit pas immédiatement sur la carrosserie. Il se trouve sous la voiture.
La nouvelle Dacia Spring abandonne son ancienne architecture chinoise pour adopter une plateforme moderne du groupe Renault. Elle partage ainsi une grande partie de ses fondamentaux techniques avec la nouvelle Renault Twingo E-Tech electric.
Cette stratégie permet au groupe de mutualiser les coûts de développement et de production. Pour Dacia, l’intérêt est évident : profiter d’une architecture récente sans devoir financer seule la création d’une nouvelle plateforme.
Autre rupture majeure, la production quitte la Chine. La nouvelle Spring sera assemblée à Novo Mesto, en Slovénie, sur le même site que la future Twingo électrique.
Ce choix répond aussi à une évolution du marché européen. La provenance des véhicules devient désormais un sujet commercial et politique. Entre les droits de douane européens visant les voitures électriques chinoises et les aides nationales privilégiant certains modèles produits localement, fabriquer en Europe devient un avantage de plus en plus important.
3,85 mètres de long et 18 cm de largeur en plus
La nouvelle génération grandit sensiblement. La Spring atteint désormais 3,85 mètres de longueur, soit environ 15 centimètres supplémentaires par rapport à l’ancien modèle.
Mais le chiffre le plus important concerne sa largeur. La voiture gagne près de 18 centimètres.
Cette évolution devrait modifier profondément son comportement et son utilisation. L’ancienne Spring avait été pensée avant tout pour les déplacements urbains. Sa faible largeur facilitait les manœuvres, mais pouvait aussi donner une impression de fragilité sur les routes rapides.
La nouvelle génération promet une silhouette plus stable et une habitabilité nettement améliorée. Le gain profite également au coffre, dont la capacité atteint désormais 337 litres, soit 29 litres supplémentaires.
Pour une voiture de moins de quatre mètres, ce volume constitue l’un des arguments majeurs du modèle. Dacia cherche clairement à faire évoluer la Spring d’une simple seconde voiture vers un véhicule capable d’assurer davantage de trajets au quotidien.
250 km d’autonomie avec une batterie de 27,5 kwh
Dacia reste fidèle à sa philosophie concernant la batterie. La Spring ne cherche pas à embarquer un énorme pack énergétique, lourd et coûteux.
Elle reçoit une batterie de 27,5 kWh, associée à une consommation annoncée de 12,7 kWh aux 100 kilomètres. L’autonomie atteint ainsi 250 kilomètres selon le cycle WLTP.
Ce choix correspond à la vocation de la voiture. Pour les déplacements urbains et périurbains, Dacia considère qu’une autonomie plus importante entraînerait surtout une hausse du prix et du poids.
Le moteur électrique développe désormais 80 chevaux. Un niveau qui représente une progression importante pour la Spring et qui devrait lui permettre d’être plus à l’aise hors des centres-villes.
La recharge rapide atteint 50 kW. Dacia annonce un passage de 15 à 80 % en environ 28 minutes sur une borne compatible.
La Spring conserve donc une approche pragmatique : une batterie raisonnable, une autonomie adaptée aux usages courants et un coût maîtrisé.
Écran de 10 pouces, caméra et équipements modernes
Le positionnement « low cost » de Dacia a lui aussi évolué. La nouvelle Spring ne sera plus une voiture volontairement dépouillée.
Selon les finitions, elle pourra recevoir un écran central de 10 pouces avec navigation connectée, un chargeur de smartphone à induction, une caméra de recul et une climatisation automatique.
Cette montée en gamme répond à une transformation du marché. Les automobilistes acceptent désormais plus difficilement une voiture électrique équipée de manière minimale, même lorsqu’elle affiche un prix attractif.
Dacia doit donc maintenir un équilibre délicat : proposer suffisamment de technologies pour rester compétitif, sans alourdir une facture qui constitue toujours le principal argument de la Spring.
La marque semble avoir choisi une formule déjà utilisée avec succès sur ses autres modèles : conserver une présentation simple, mais intégrer les équipements désormais attendus par une grande partie des clients.
Moins de 20 000 euros, le principal défi reste le prix
Le véritable enjeu de cette nouvelle génération se trouve finalement sur l’étiquette.
Dacia promet que toutes les versions de la nouvelle Spring resteront sous les 20 000 euros. Une promesse particulièrement importante alors que le prix des voitures électriques demeure l’un des principaux obstacles à leur démocratisation.
La situation est cependant différente de celle de 2021. La Spring n’est plus seule sur le segment des petites électriques abordables. Renault prépare une offensive avec la nouvelle Twingo, tandis que plusieurs constructeurs européens et chinois développent des modèles vendus autour de 20 000 euros.
Le changement de plateforme constitue donc un pari industriel intéressant. Dacia gagne en technologie et en polyvalence tout en cherchant à préserver l’écart de prix qui a construit le succès de la première génération.
La nouvelle Spring ne se contente plus d’être une petite voiture électrique venue de Chine à bas coût. Elle devient un produit beaucoup plus européen dans sa production et dans sa conception, tout en profitant de méthodes de développement accélérées mises en place par Renault Group.
La spring devient-elle trop proche de la twingo ?
C’est probablement la principale question posée par cette nouvelle génération.
Même plateforme, même usine, une batterie comparable et une puissance proche : les liens avec la future Renault Twingo électrique sont évidents. Renault et Dacia devront donc réussir à différencier clairement leurs deux modèles.
La Twingo devrait incarner une vision plus technologique et plus urbaine de la petite électrique. La Spring conservera de son côté une approche davantage centrée sur le rapport prix-prestations, l’espace disponible et la simplicité.
Cette proximité peut toutefois devenir une force. En partageant leurs investissements, les deux marques peuvent produire des voitures électriques à des tarifs plus accessibles. Une nécessité face à la montée en puissance des constructeurs chinois.
Avec cette nouvelle Spring, Dacia abandonne donc définitivement la solution industrielle qui avait permis son premier succès électrique européen. Mais la marque conserve l’idée qui avait fait toute la différence : proposer une voiture électrique simple et abordable.
Reste désormais à vérifier si cette montée en gamme permettra réellement à la Spring de rester sous les 20 000 euros une fois les tarifs définitifs et les différentes finitions dévoilés. C’est sur ce terrain que se jouera, une nouvelle fois, le succès de la petite électrique roumaine.







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