ISO 26000

ISO 26000 : le guide de référence pour structurer une démarche RSE

ISO 26000

ISO 26000 est la norme internationale consacrée à la responsabilité sociétale des organisations. Publiée en 2010 et confirmée comme étant toujours d’actualité en 2025, elle fournit des lignes directrices pour aider les entreprises, associations, administrations et autres organisations à intégrer les enjeux sociaux, environnementaux et éthiques dans leurs décisions.

Contrairement à ISO 9001 ou ISO 14001, ISO 26000 ne définit pas un système de management certifiable. Son intérêt réside plutôt dans son cadre de référence : sept questions centrales, des principes de responsabilité sociétale et une méthode pour identifier les parties prenantes, hiérarchiser les sujets et transformer les engagements RSE en actions.

🌱 ISO 26000, qu’est-ce que c’est exactement ?

ISO 26000:2010 est une norme internationale qui fournit des lignes directrices relatives à la responsabilité sociétale. Elle s’adresse à tous les types d’organisations, sans distinction de taille, d’activité ou de localisation.

La norme cherche notamment à clarifier ce que recouvre la responsabilité sociétale et à aider une organisation à intégrer ces considérations dans ses politiques, ses décisions et ses pratiques.

Elle ne se limite donc pas aux questions environnementales. Une démarche basée sur ISO 26000 couvre également les droits humains, les conditions de travail, l’éthique des affaires, les consommateurs, la gouvernance et les relations avec les territoires.

L’ISO précise également que la responsabilité sociétale doit aller au-delà du simple respect de la législation, tout en rappelant que le respect de la loi constitue une obligation fondamentale pour toute organisation.

Une norme destinée à toutes les organisations

ISO 26000 ne concerne pas uniquement les grandes entreprises disposant d’un service RSE.

Une PME peut utiliser ses principes pour structurer ses achats, améliorer ses conditions de travail, réduire ses impacts environnementaux ou encadrer ses relations avec ses fournisseurs.

Une association peut également s’en servir pour analyser sa gouvernance, ses pratiques sociales et son impact sur les bénéficiaires.

Le référentiel peut donc être utilisé par :

  • les TPE et PME ;
  • les grandes entreprises ;
  • les associations ;
  • les collectivités ;
  • les organismes publics ;
  • les établissements d’enseignement ;
  • les organisations internationales.

L’ISO précise que la norme est destinée aux organisations de tous types, quelle que soit leur taille ou leur localisation.

📋 Les 7 questions centrales de l’ISO 26000

Le cœur de la norme repose sur sept questions centrales. Elles permettent d’éviter de réduire la RSE à la seule réduction des émissions de CO₂.

1. La gouvernance de l’organisation

La gouvernance concerne la manière dont les décisions sont prises, contrôlées et communiquées.

Une démarche RSE ne peut pas être séparée du fonctionnement de la direction. Les engagements doivent être associés à des responsabilités, à des décisions et à des mécanismes de suivi.

Pour une entreprise, cela peut notamment concerner :

  • la transparence des décisions ;
  • la responsabilité des dirigeants ;
  • la prise en compte des enjeux RSE dans les décisions ;
  • la prévention des conflits d’intérêts ;
  • le dialogue avec les parties prenantes ;
  • le suivi des résultats.

La gouvernance constitue donc le point de départ qui permet d’intégrer la responsabilité sociétale dans les différentes fonctions de l’organisation.

2. Les droits de l’homme

ISO 26000 invite les organisations à identifier et à traiter les risques liés aux droits humains.

Cette question dépasse largement les seules relations entre employeur et salariés. Elle peut concerner les fournisseurs, les sous-traitants, les partenaires commerciaux ou encore certaines activités réalisées à l’étranger.

Une entreprise peut par exemple examiner :

  • les risques de travail forcé ;
  • le travail des enfants ;
  • les discriminations ;
  • la liberté d’association ;
  • les conditions de travail chez certains fournisseurs ;
  • les risques associés à certaines zones géographiques.

La vigilance sur la chaîne d’approvisionnement devient ainsi un sujet important lorsqu’une entreprise travaille avec de nombreux fournisseurs ou sous-traitants.

3. Les relations et conditions de travail

Cette question centrale concerne directement les pratiques sociales de l’organisation.

ISO 26000 aborde notamment les conditions de travail, la protection sociale, la santé et la sécurité, le dialogue social et le développement des compétences.

Pour une PME, cela peut se traduire par des actions portant sur :

  • la prévention des accidents ;
  • la santé au travail ;
  • l’égalité professionnelle ;
  • la formation ;
  • l’organisation du temps de travail ;
  • le dialogue avec les salariés ;
  • la prévention des discriminations.

Une politique RSE crédible ne peut donc pas se limiter à des actions environnementales lorsque les conditions de travail présentent des problèmes importants.

4. L’environnement

Le volet environnemental est probablement celui qui est le plus souvent associé à la RSE.

ISO 26000 couvre toutefois plusieurs dimensions environnementales et pas uniquement les émissions de gaz à effet de serre.

Une entreprise peut notamment analyser :

  • sa consommation d’énergie ;
  • ses émissions ;
  • ses consommations d’eau ;
  • ses déchets ;
  • ses impacts liés aux transports ;
  • l’utilisation des ressources ;
  • la pollution ;
  • la protection des écosystèmes.

L’enjeu consiste surtout à relier ces sujets aux activités concrètes de l’entreprise.

Une entreprise de transport n’aura pas les mêmes priorités environnementales qu’un cabinet de conseil ou qu’un fabricant de produits électroniques.

5. La loyauté des pratiques

ISO 26000 traite également de la manière dont l’organisation conduit ses relations commerciales.

Cette partie concerne notamment les pratiques anticorruption, la concurrence loyale, la responsabilité dans les relations avec les partenaires et certains sujets liés à la chaîne de valeur.

Les entreprises peuvent ainsi travailler sur :

  • la prévention de la corruption ;
  • les conflits d’intérêts ;
  • les pratiques anticoncurrentielles ;
  • les relations responsables avec les fournisseurs ;
  • les règles applicables aux achats ;
  • la transparence commerciale.

Cette dimension rapproche directement la RSE des fonctions achats, finance, juridique et commerciale.

6. Les questions relatives aux consommateurs

La responsabilité sociétale concerne également les clients et utilisateurs.

L’organisation doit notamment s’intéresser à la qualité de l’information communiquée, à la protection des consommateurs, à la sécurité des produits et services et au traitement des réclamations.

Pour une entreprise commerciale, cela peut concerner :

  • la transparence des informations ;
  • la protection des données ;
  • la sécurité des produits ;
  • les conditions de vente ;
  • la publicité responsable ;
  • l’accessibilité des services ;
  • le traitement des réclamations.

Une communication RSE doit également rester cohérente avec les caractéristiques réelles des produits et services proposés.

7. Les communautés et le développement local

La dernière question centrale concerne les relations entre l’organisation et les territoires dans lesquels elle exerce ses activités.

Une entreprise peut avoir des impacts sur l’emploi local, les fournisseurs locaux, les infrastructures, les ressources ou certaines populations.

Les actions peuvent porter sur :

  • l’emploi local ;
  • les achats auprès de fournisseurs du territoire ;
  • le soutien à des projets associatifs ;
  • l’accès à certains services ;
  • le dialogue avec les communautés ;
  • la contribution au développement économique local.

Cette dimension rappelle que la RSE ne concerne pas uniquement les relations entre l’entreprise et ses salariés.

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🧭 Quels sont les principes de l’ISO 26000 ?

Les sept questions centrales indiquent sur quels sujets agir. Les principes de responsabilité sociétale indiquent davantage comment se comporter.

ISO 26000 met notamment en avant la responsabilité de rendre compte, la transparence, le comportement éthique, le respect des intérêts des parties prenantes, le respect du principe de légalité, le respect des normes internationales de comportement et le respect des droits de l’homme.

Ces principes donnent une direction à la démarche.

Une entreprise qui mesure ses émissions mais dissimule certaines informations importantes ne peut pas considérer que sa démarche RSE est structurée uniquement parce qu’elle dispose d’indicateurs environnementaux.

La RSE implique donc une réflexion sur les pratiques de décision, la transparence et les relations avec les parties prenantes, en plus des actions menées sur le terrain.

👥 Pourquoi les parties prenantes sont importantes dans ISO 26000 ?

ISO 26000 accorde une place importante à l’identification et au dialogue avec les parties prenantes. La norme prévoit notamment d’identifier les personnes ou groupes concernés par les décisions et activités de l’organisation.

Selon l’entreprise, les parties prenantes peuvent être :

  • les salariés ;
  • les clients ;
  • les fournisseurs ;
  • les sous-traitants ;
  • les actionnaires ;
  • les banques ;
  • les collectivités ;
  • les associations ;
  • les riverains ;
  • les pouvoirs publics.

Cette cartographie permet de ne pas construire une politique RSE uniquement depuis le siège ou la direction.

Une entreprise industrielle peut par exemple considérer que ses salariés, ses fournisseurs, les riverains et les collectivités locales ont des attentes différentes concernant ses impacts.

Cartographier les parties prenantes

Une première étape consiste à établir une liste des parties prenantes liées aux activités de l’organisation.

Il est ensuite possible de les classer selon plusieurs critères :

CritèreExemple de question
InfluenceCette partie prenante peut-elle influencer l’activité ?
ImpactEst-elle directement affectée par les activités ?
DépendanceL’organisation dépend-elle fortement d’elle ?
AttentesQuelles sont ses principales attentes ?
RisquesQuels risques sont associés à cette relation ?

Cette cartographie sert ensuite à définir les sujets à examiner en priorité.

📊 Comment utiliser ISO 26000 pour construire une démarche RSE ?

ISO 26000 n’impose pas une procédure unique. La norme fournit plutôt un cadre que chaque organisation peut adapter à ses activités.

Une démarche peut être organisée autour de plusieurs étapes.

1. Établir un état des lieux

La première étape consiste à analyser les pratiques existantes.

Il est inutile de partir de zéro. Une entreprise dispose souvent déjà d’actions liées à la RSE sans les avoir regroupées sous cette appellation.

Les ressources humaines peuvent déjà travailler sur la formation et l’égalité professionnelle. Les achats peuvent avoir mis en place des critères fournisseurs. Le service informatique peut avoir engagé une politique de recyclage du matériel.

L’état des lieux permet donc de recenser ce qui existe déjà avant de définir de nouveaux engagements.

2. Identifier les enjeux liés aux sept questions centrales

Les sept questions de l’ISO 26000 servent ensuite de grille de lecture.

Pour chaque sujet, l’organisation peut se demander :

Quel est l’impact de l’activité ?

Quelles sont les attentes des parties prenantes ?

Quels risques existent ?

Quelles pratiques sont déjà en place ?

Quelles améliorations sont nécessaires ?

Cette analyse permet d’éviter une liste d’actions RSE sans rapport direct avec l’activité.

3. Hiérarchiser les sujets

Toutes les questions ne présentent pas le même niveau de priorité pour chaque entreprise.

Un fabricant de produits chimiques devra accorder une attention importante à certains sujets environnementaux et à la sécurité.

Une entreprise de services numériques pourra davantage travailler sur les conditions de travail, la protection des données, les achats informatiques, l’accessibilité numérique et l’impact environnemental du numérique.

La démarche RSE doit donc être proportionnée aux activités, aux impacts et aux parties prenantes.

4. Définir des objectifs mesurables

Une politique RSE devient beaucoup plus exploitable lorsque les engagements sont associés à des indicateurs.

Par exemple :

EngagementIndicateur possible
Réduire la consommation énergétiquekWh par salarié ou par m²
Réduire les déchetskg de déchets par unité produite
Améliorer la formationheures de formation par salarié
Renforcer les achats responsablespart des fournisseurs évalués
Réduire les accidentstaux de fréquence
Améliorer la diversitéindicateurs sociaux suivis
Réduire les émissionstonnes de CO₂e

Le choix des indicateurs doit rester lié aux enjeux identifiés. Accumuler plusieurs dizaines de KPI ne rend pas automatiquement une démarche RSE plus solide.

5. Intégrer la RSE dans les décisions

ISO 26000 invite les organisations à intégrer la responsabilité sociétale dans leurs politiques et pratiques plutôt qu’à la traiter comme un programme isolé.

La RSE peut ainsi être intégrée aux achats, aux ressources humaines, à la production, au marketing, à la finance, à l’informatique et à la gestion des fournisseurs.

Cette intégration est particulièrement importante dans les PME où une seule personne peut avoir plusieurs responsabilités.

Découvrez aussi: Médaille EcoVadis : Gold, Argent, Bronze, comment fonctionne la notation RSE ?

🏢 ISO 26000 est-elle adaptée aux PME ?

Oui. La norme vise explicitement toutes les organisations, quelle que soit leur taille.

Une PME n’a cependant aucun intérêt à reproduire un dispositif conçu pour un groupe international.

Une entreprise de 20 salariés peut commencer par :

  1. identifier ses principales parties prenantes ;
  2. analyser les sept questions centrales ;
  3. sélectionner les sujets les plus importants ;
  4. définir quelques objectifs ;
  5. choisir des indicateurs ;
  6. attribuer les responsabilités ;
  7. suivre les résultats chaque année.

Cette méthode permet d’éviter un système documentaire disproportionné.

Pour une petite structure, une feuille de route RSE de quelques pages peut être plus utile qu’un ensemble volumineux de procédures rarement consultées.

⚠️ Peut-on obtenir une certification ISO 26000 ?

Non. ISO 26000 n’est pas une norme certifiable.

C’est probablement le point le plus important à connaître avant de lancer une démarche basée sur ce référentiel.

ISO précise qu’ISO 26000 fournit des lignes directrices et non des exigences. Elle n’est donc pas une norme de système de management et n’est pas destinée à la certification.

Une entreprise ne peut donc pas légitimement affirmer qu’elle possède une « certification ISO 26000 » au même titre qu’une certification ISO 9001.

L’ISO indique même que toute offre de certification ou toute affirmation de certification ISO 26000 constituerait une mauvaise représentation de l’objectif de la norme.

ISO 26000 et ISO 9001 ne fonctionnent pas de la même manière

ISO 26000ISO 9001
Responsabilité sociétaleManagement de la qualité
Lignes directricesExigences
Pas de certification ISO 26000Certification possible
Applicable à tous types d’organisationsApplicable à tous types d’organisations
Sept questions centralesSystème de management de la qualité
Approche adaptée aux enjeux RSEApproche centrée sur la qualité et les processus

Cette distinction est importante pour éviter les communications trompeuses autour de la RSE.

📈 ISO 26000 peut-elle servir de base à un reporting RSE ?

Oui, mais ISO 26000 n’est pas en elle-même un modèle de reporting financier ou extra-financier.

La norme fournit notamment des indications concernant la communication sur les engagements et les performances en matière de responsabilité sociétale.

Elle peut donc servir de cadre pour organiser les informations présentées dans un rapport RSE.

Une entreprise peut par exemple structurer son reporting autour des sept questions centrales :

Gouvernance → droits humains → travail → environnement → pratiques loyales → consommateurs → territoire.

Cette organisation donne une structure lisible aux engagements et aux résultats.

Elle peut ensuite être rapprochée d’autres référentiels ou obligations de reporting lorsque ceux-ci s’appliquent à l’organisation.

🌍 ISO 26000 et développement durable : quel lien ?

ISO 26000 vise à aider les organisations à contribuer au développement durable.

La logique est donc plus large qu’une simple politique environnementale.

Une organisation peut réduire ses consommations d’énergie tout en conservant des pratiques sociales problématiques. À l’inverse, une entreprise peut avoir de bonnes conditions de travail mais ignorer fortement ses impacts environnementaux.

ISO 26000 cherche à replacer ces sujets dans un même cadre.

La norme peut également être mise en relation avec les Objectifs de développement durable des Nations Unies, l’ISO ayant publié un document consacré aux liens entre ISO 26000 et les ODD.

🔎 ISO 26000, CSRD et bilan carbone : ne pas confondre les référentiels

Plusieurs outils sont aujourd’hui utilisés par les entreprises pour traiter leurs sujets RSE, mais ils n’ont pas le même objectif.

ISO 26000 fournit un cadre général pour structurer la responsabilité sociétale.

Un bilan carbone mesure principalement les émissions de gaz à effet de serre selon une méthode donnée.

La CSRD, lorsqu’elle s’applique à une entreprise, concerne les obligations européennes de reporting de durabilité.

Un référentiel comme les ODD permet quant à lui de relier certaines actions aux objectifs de développement durable des Nations Unies.

Ces outils peuvent être utilisés ensemble.

ISO 26000 peut servir de grille générale pour organiser les sujets RSE, tandis que des outils plus spécialisés peuvent fournir les mesures nécessaires sur certains domaines.

🛠️ Exemple de démarche ISO 26000 dans une PME

Prenons une PME de 50 salariés qui souhaite structurer sa politique RSE.

La direction commence par réaliser un état des lieux des pratiques existantes. Les salariés, clients, fournisseurs et partenaires sont ensuite identifiés comme principales parties prenantes.

L’entreprise analyse les sept questions centrales et constate que quatre sujets présentent les impacts les plus importants :

  • les conditions de travail ;
  • les achats fournisseurs ;
  • les déplacements ;
  • la consommation énergétique.

Elle peut alors définir quatre objectifs sur une période de trois ans.

SujetObjectifIndicateur
Conditions de travailRéduire les accidentsTaux de fréquence
AchatsÉvaluer les fournisseurs prioritaires% fournisseurs évalués
DéplacementsRéduire les déplacements professionnelskm ou émissions associées
ÉnergieDiminuer les consommationskWh/an

La direction attribue ensuite un responsable à chaque objectif et organise un suivi trimestriel.

Cette démarche est beaucoup plus proche de l’esprit d’ISO 26000 qu’une simple déclaration affichée sur le site internet de l’entreprise.

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