Cyberattaque contre les supermarchés

Cyberattaque contre les supermarchés : le parquet de Paris ouvre une enquête nationale

Cyberattaque contre les supermarchés

Le parquet de Paris a ouvert une enquête après une cyberattaque ayant perturbé les systèmes frigorifiques de plusieurs centaines de supermarchés en France. Entre 300 et 350 magasins auraient été touchés, avec des pertes alimentaires qui pourraient atteindre plusieurs dizaines de millions d’euros. Les enquêteurs cherchent à identifier les auteurs, à déterminer la faille exploitée et à mesurer les dégâts.

Jusqu’à 350 magasins touchés

La section cybercriminalité du parquet de Paris s’est saisie de l’affaire le lundi 12 octobre 2026, compte tenu de son ampleur nationale. Les investigations ont été confiées à l’Office anticybercriminalité (OFAC), chargé de remonter jusqu’aux responsables de l’opération.

Parmi les établissements concernés figureraient environ 180 magasins Intermarché et Netto ainsi que 80 magasins U. Les enquêteurs doivent établir un inventaire complet des victimes et chiffrer les pertes liées aux produits alimentaires devenus impropres à la vente après la perturbation du froid.

Les premiers éléments font état de préjudices évalués à plusieurs dizaines de millions d’euros à l’échelle nationale. Des départs de feu et des dégradations matérielles ont également été signalés sur certaines installations. L’enquête devra déterminer si ces incidents sont directement liés à la manipulation à distance des équipements.

Des systèmes frigorifiques piratés

Les investigations portent notamment sur les équipements du fabricant danois Danfoss, mais aussi sur des systèmes de régulation commercialisés par Dixell et Copeland. Cette extension des recherches laisse craindre que l’attaque ne se limite pas à une seule gamme de matériel.

Les policiers analysent les logiciels internes des automates frigorifiques afin de comprendre comment les pirates ont pris le contrôle des installations. Une piste concerne les équipements anciens, dont certains pourraient fonctionner avec des micrologiciels qui ne bénéficient plus de mises à jour de sécurité.

Les enquêteurs cherchent également à déterminer si les attaquants ont exploité une vulnérabilité connue ou profité de réseaux mal protégés, permettant d’accéder aux commandes des systèmes depuis Internet. La manipulation des réglages aurait notamment conduit certains équipements à chauffer jusqu’à 50 °C, une température susceptible d’endommager les installations et de compromettre la conservation des aliments.

À ce stade, les circonstances exactes de l’intrusion restent à établir. Aucun responsable n’a été publiquement identifié et les motivations des pirates demeurent inconnues.

L’ANSSI mobilisée, des pertes à chiffrer

L’Agence nationale de la sécurité des systèmes d’information (ANSSI) participe aux travaux techniques et coopère avec ses homologues européens. Les autorités cherchent à savoir si des infrastructures similaires ont été compromises hors de France.

Au-delà des marchandises détruites, cette affaire soulève la question de la sécurité des équipements industriels connectés. Les systèmes de réfrigération, indispensables à la conservation des produits frais et surgelés, peuvent devenir une cible lorsqu’ils sont accessibles à distance sans protection suffisante.

Le parquet de Paris doit désormais établir le nombre exact de magasins concernés, évaluer les pertes financières et identifier les responsables. Le montant définitif des dommages, l’origine de l’intrusion et l’éventuelle existence d’autres victimes restent à préciser.

Categories

Tags

Recent Comments

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *