le prix du pétrole s'envole

Le pétrole flambe : le seuil des 100 dollars est franchi, le pire pourrait être à venir

le prix du pétrole s'envole

Le marché pétrolier vient de franchir un seuil hautement symbolique. Le baril de Brent a dépassé les 100 dollars, pour la première fois depuis juillet, alors que les tensions militaires autour du détroit d’Ormuz continuent de perturber le transport maritime. Jeudi, le cours progressait encore de près de 0,5 % dans les échanges asiatiques, dépassant 101,60 dollars.

Cette envolée ne repose pas uniquement sur les frappes américaines contre l’Iran. Elle traduit surtout la crainte d’une rupture durable des flux énergétiques dans une zone par laquelle transitait avant la guerre environ un cinquième du pétrole et du gaz naturel liquéfié mondial.

Derrière le franchissement des 100 dollars se joue donc une question beaucoup plus large : jusqu’où les cours peuvent-ils monter si les navires ne peuvent plus circuler normalement dans le détroit ?

101,60 dollars : le Brent repasse au-dessus du seuil symbolique

Le mouvement haussier s’est accéléré mercredi après de nouvelles attaques contre des navires cherchant à emprunter Ormuz. Le Brent, référence internationale pour une grande partie des échanges pétroliers, a franchi les 100 dollars avant de poursuivre sa progression.

Jeudi matin, il dépassait déjà 101,60 dollars.

Le marché ne réagit pas seulement au nombre de bateaux touchés. Les opérateurs évaluent surtout la possibilité d’une perturbation prolongée. Une interruption temporaire peut être absorbée par les stocks et les itinéraires alternatifs. Une fermeture durable pose une tout autre équation.

Le détroit constitue l’un des principaux passages maritimes de la planète pour les hydrocarbures. Lorsque la circulation y devient incertaine, les acheteurs doivent intégrer une prime de risque dans les prix. Les assurances maritimes, les coûts de transport et les délais de livraison peuvent également progresser.

C’est cette accumulation de risques qui peut pousser les cours bien au-delà du niveau observé aujourd’hui.

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20 % du pétrole et du GNL mondial passent par Ormuz

Avant le déclenchement de la guerre, le trafic maritime dans le détroit fonctionnait normalement. La situation a radicalement changé depuis que Téhéran exige désormais une autorisation pour certains navires souhaitant franchir le passage.

L’Iran affirme même avoir étendu son contrôle à des zones situées dans le golfe d’Oman et la mer d’Arabie.

Mercredi, les autorités iraniennes ont affirmé avoir attaqué deux navires américains, huit pétroliers et dix autres bâtiments qui tentaient de franchir le détroit. Téhéran affirme agir en réponse aux frappes américaines visant cinq pétroliers iraniens.

De son côté, l’agence maritime britannique UKMTO a signalé plusieurs navires en feu à différents endroits.

Pour le marché énergétique, le problème est immédiat : même lorsqu’un navire peut techniquement passer, les armateurs peuvent décider de ne plus prendre le risque. Une route maritime devient alors économiquement inutilisable avant même d’être officiellement fermée.

Un marché déjà fragilisé par le blocus américain

Washington a répondu au verrouillage d’Ormuz par un blocus des ports iraniens. Les deux mesures se renforcent mutuellement et réduisent davantage les possibilités de circulation des hydrocarbures.

Cette confrontation fait peser une menace sur les exportations iraniennes, mais également sur les flux provenant d’autres producteurs du Golfe qui dépendent de cette route maritime.

La difficulté est d’autant plus grande que les capacités permettant de contourner Ormuz ne sont pas illimitées. Certains volumes peuvent être redirigés vers des oléoducs ou d’autres terminaux, mais ces infrastructures ne permettent pas nécessairement d’absorber rapidement l’ensemble des flux concernés.

Le marché se retrouve donc face à un risque asymétrique : quelques incidents supplémentaires peuvent provoquer une réaction beaucoup plus forte des prix si les traders commencent à anticiper une pénurie physique.

600 dollars ? Le scénario extrême qui inquiète le marché

Certains scénarios de marché envisagent désormais une flambée beaucoup plus importante si le détroit restait durablement fermé.

Un baril dépassant 100 dollars n’est déjà pas anodin pour les économies importatrices. Mais un mouvement vers 150, 200 dollars, voire davantage, provoquerait une onde de choc autrement plus sévère sur les transports, l’industrie et les prix à la consommation.

La question n’est toutefois pas de savoir si le pétrole atteindra automatiquement ces niveaux. Elle est de mesurer ce qui pourrait provoquer une nouvelle accélération.

Une fermeture complète et durable d’Ormuz serait l’un des scénarios les plus dangereux. Une succession d’attaques contre des pétroliers pourrait également pousser les armateurs à suspendre leurs rotations. Enfin, une extension géographique des restrictions iraniennes augmenterait encore la pression sur les flux énergétiques.

Chaque étape supplémentaire réduirait la marge de manœuvre des acheteurs.

600 000 barils : le risque politique s’ajoute au choc pétrolier

La flambée des cours arrive également à un moment particulièrement sensible pour Donald Trump.

Le président américain a déclenché la guerre contre l’Iran avec son allié israélien Benjamin Netanyahu et cherche désormais à maintenir son camp politique mobilisé avant les élections américaines de mi-mandat prévues début novembre.

La hausse du pétrole se transmet rapidement aux carburants. Lorsque l’essence et le diesel deviennent plus chers, les ménages américains comme les entreprises ressentent directement la pression sur leurs budgets.

Trump affirme que l’Iran cherche à peser sur l’élection et prédit désormais une fin du conflit après le scrutin. Mais son discours reste nettement moins précis qu’auparavant. Lors d’une convention républicaine exceptionnelle organisée à Dallas, il a finalement indiqué que la guerre prendrait fin « dès que nous gagnerons ».

Cette absence de calendrier précis entretient l’incertitude.

6 mois de guerre : les négociations sont toujours dans l’impasse

Plus de six mois après le début du conflit, les discussions diplomatiques ne permettent toujours pas d’entrevoir une sortie claire.

Un protocole d’accord conclu en juin entre Washington et Téhéran devait ouvrir la voie à un règlement. Il a finalement volé en éclats en juillet.

Depuis, les positions restent éloignées.

Les Gardiens de la Révolution conditionnent notamment une sortie de crise à plusieurs concessions américaines. Parmi leurs demandes figurent le retrait des forces israéliennes du Liban, le déblocage de plusieurs milliards de dollars d’avoirs iraniens et l’engagement de Washington à ne pas intervenir dans les capacités nucléaires et balistiques de l’Iran.

Ces exigences rendent une reprise rapide des négociations particulièrement incertaine.

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