améliorer son score EcoVadis

Comment améliorer son score EcoVadis pour viser le niveau Gold ?

améliorer son score EcoVadis

Obtenir la médaille Gold d’EcoVadis représente un objectif important pour les entreprises qui souhaitent démontrer la qualité de leur démarche RSE auprès de leurs clients et partenaires. Cette distinction récompense les organisations qui figurent parmi les 5 % les mieux notées par la plateforme. Pour atteindre ce niveau, il ne suffit pas de formaliser des engagements environnementaux ou sociaux : il faut aussi démontrer les actions menées, mesurer leurs résultats et fournir des justificatifs fiables. L’amélioration du score passe par un travail sur les quatre piliers d’évaluation et par une gestion rigoureuse des preuves documentaires.

🏅 Quelles sont les exigences pour obtenir la médaille Gold EcoVadis ?

La médaille Gold distingue les entreprises dont la performance RSE se situe dans le haut du classement EcoVadis. L’attribution dépend du percentile atteint par l’entreprise, et non d’un seuil fixe valable pour toutes les évaluations.

Un score compris autour de 66 à 75 points ou davantage peut constituer un repère indicatif, mais il ne garantit pas l’obtention de la médaille. Le seuil évolue en fonction des résultats des entreprises évaluées et des règles applicables au moment de la notation. Il est donc préférable de consulter les critères officiels en vigueur plutôt que de viser un nombre de points considéré comme universel.

Les quatre piliers de notation EcoVadis

L’évaluation porte sur quatre domaines complémentaires :

PilierPrincipaux sujets évalués
🌱 EnvironnementÉmissions de gaz à effet de serre, énergie, eau, déchets, pollution et ressources
👥 Social et droits humainsSanté et sécurité, conditions de travail, diversité, droits humains et formation
⚖️ ÉthiqueCorruption, pratiques anticoncurrentielles, sécurité de l’information et conduite des affaires
🤝 Achats responsablesCritères environnementaux et sociaux appliqués aux fournisseurs, risques de la chaîne d’approvisionnement et suivi des partenaires

Les enjeux retenus et leur importance varient selon le secteur, la taille de l’entreprise et son activité. Une société industrielle n’est donc pas nécessairement évaluée sur les mêmes priorités qu’une entreprise de services.

Politiques, actions et résultats : les trois niveaux à documenter

Pour améliorer sa notation, une entreprise doit démontrer une démarche cohérente à plusieurs niveaux. Les déclarations d’intention ne suffisent pas si elles ne sont pas accompagnées de mesures concrètes et de résultats vérifiables.

  • Politiques : les engagements sont formalisés dans des documents approuvés par la direction. Ils précisent les objectifs, les responsabilités et le périmètre concerné.
  • Actions : les engagements se traduisent par des mesures concrètes, comme des formations, des audits, des certifications ou des plans de réduction des émissions.
  • Résultats : des indicateurs chiffrés permettent de mesurer les progrès réalisés, de comparer les performances dans le temps et d’identifier les écarts.

Une politique environnementale signée, par exemple, constitue une première preuve. Elle gagne en valeur lorsqu’elle est accompagnée d’un plan d’action, de relevés de consommation et d’indicateurs montrant les résultats obtenus.

🌱 1. Améliorer le pilier Environnement

Le pilier Environnement mérite une analyse approfondie, notamment pour les entreprises dont l’activité entraîne des consommations importantes de ressources, des émissions ou une production significative de déchets.

La priorité consiste à identifier les principaux risques environnementaux de l’activité, puis à mettre en place des mesures adaptées et à en conserver les preuves.

Réaliser un bilan des émissions de gaz à effet de serre

Un bilan carbone permet de mesurer les émissions liées aux activités de l’entreprise. Il convient d’examiner les scopes 1 et 2, qui couvrent notamment les émissions directes et celles associées à l’énergie achetée, puis d’étudier le scope 3 lorsque cela est pertinent et possible.

Le périmètre doit être cohérent avec l’activité de l’entreprise. Pour une société de services, les déplacements professionnels, les trajets domicile-travail, les achats ou les services numériques peuvent représenter des postes à examiner. Pour un industriel, les procédés de production, les combustibles et les matières premières peuvent nécessiter une attention particulière.

Le bilan doit déboucher sur des objectifs de réduction chiffrés, assortis d’échéances et d’un suivi régulier. Présenter uniquement le total des émissions, sans objectif ni plan de réduction, limite la démonstration des progrès réalisés.

Fixer des objectifs mesurables en matière d’énergie et de déchets

La réduction des consommations d’énergie, de l’eau et des matières premières doit être documentée à l’aide d’indicateurs adaptés. L’entreprise peut notamment suivre :

  • la consommation annuelle d’électricité et de gaz ;
  • les émissions de gaz à effet de serre ;
  • les volumes de déchets produits et leur taux de valorisation ;
  • la consommation d’eau, lorsque celle-ci représente un enjeu pour l’activité ;
  • la part des matières recyclées ou réemployées.

Ces données doivent être comparables d’une année à l’autre. Lorsque l’activité augmente ou diminue fortement, il peut être utile de suivre à la fois les volumes totaux et des ratios rapportés à la production, au chiffre d’affaires ou aux effectifs, selon le contexte.

Valoriser les certifications et les démarches environnementales

Une certification comme ISO 14001 peut apporter un justificatif pertinent sur la gestion environnementale. Elle ne remplace toutefois pas la démonstration des actions et des résultats. L’entreprise doit vérifier que le certificat couvre bien l’entité et le périmètre présentés dans son évaluation.

Les audits environnementaux, les procédures de gestion des déchets, les factures liées aux équipements économes en énergie et les rapports de suivi peuvent également étayer le dossier.

A lire aussi: Médaille EcoVadis : Gold, Argent, Bronze, comment fonctionne la notation RSE ?

👥 2. Renforcer le pilier Social et droits humains

Ce pilier porte sur les conditions de travail, la santé et la sécurité des collaborateurs, ainsi que sur le respect des droits humains. Les mesures doivent être adaptées aux risques propres à l’entreprise et à ses effectifs.

Formaliser les engagements sociaux

Une politique sociale doit préciser les engagements de l’entreprise sur les sujets pertinents : prévention des discriminations, égalité de traitement, inclusion, santé et sécurité au travail, prévention du harcèlement ou respect des droits humains.

Ces engagements gagnent à être accompagnés de procédures concrètes. Une charte contre le harcèlement, par exemple, peut être complétée par un dispositif de signalement, une procédure de traitement des alertes et des actions de sensibilisation.

Il est également important de préciser les personnes couvertes par chaque politique et les responsabilités des équipes chargées de son application.

Suivre les formations et la sécurité au travail

Les formations constituent une preuve d’action lorsqu’elles sont documentées. L’entreprise peut suivre le nombre d’heures de formation par salarié, les effectifs formés et la couverture des formations obligatoires ou prioritaires.

En matière de santé et de sécurité, les indicateurs doivent correspondre aux risques rencontrés. Le suivi peut notamment porter sur la fréquence et la gravité des accidents du travail, les actions de prévention réalisées et les mesures correctives mises en œuvre après un incident.

Les données doivent être accompagnées d’une période de référence et d’un périmètre précis. Une évolution favorable d’un indicateur doit pouvoir être expliquée par des actions identifiables.

⚖️ 3. Consolider le pilier Éthique

Le pilier Éthique concerne notamment la prévention de la corruption, les pratiques commerciales, la sécurité de l’information et la protection des données. Les risques varient selon les activités, les pays et les relations commerciales de l’entreprise.

Mettre en place un code de conduite

Le code de conduite doit présenter les règles applicables aux collaborateurs et, lorsque cela est pertinent, aux partenaires commerciaux. Il peut couvrir la prévention de la corruption, les conflits d’intérêts, les cadeaux et invitations, la concurrence loyale et la protection des informations confidentielles.

Pour être utile, ce document doit être communiqué aux populations concernées et accompagné de procédures adaptées aux risques identifiés. Une politique disponible sur l’intranet, mais jamais diffusée ni expliquée, apporte une démonstration limitée de sa mise en application.

Déployer un dispositif d’alerte et former les équipes

Un canal de signalement permet aux collaborateurs et aux autres personnes concernées de signaler des faits susceptibles de contrevenir aux règles internes ou à la réglementation applicable. L’entreprise doit définir les modalités de réception et de traitement des alertes, ainsi que les garanties de confidentialité et de protection prévues.

Les formations doivent cibler en priorité les collaborateurs exposés aux risques éthiques : équipes commerciales, achats, finance, direction ou responsables de relations avec les administrations, selon l’activité.

Les preuves peuvent inclure les supports de formation, les feuilles de présence, les résultats des campagnes de sensibilisation et les procédures de traitement des signalements, dans le respect de la confidentialité.

Documenter la protection des données et la sécurité de l’information

Les entreprises qui traitent des données personnelles doivent pouvoir présenter les mesures pertinentes au regard du RGPD et des autres obligations applicables. Selon le contexte, les justificatifs peuvent comprendre des procédures de gestion des accès, des actions de sensibilisation, des analyses de risques ou des règles de conservation des données.

L’objectif est de démontrer que les engagements éthiques sont traduits en contrôles et en actions documentés.

🤝 4. Faire progresser le pilier Achats responsables

Les Achats responsables constituent un axe important pour de nombreuses entreprises, notamment lorsque les risques sociaux et environnementaux se situent en grande partie chez les fournisseurs ou les sous-traitants.

Une politique RSE interne ne suffit pas à démontrer la maîtrise de la chaîne d’approvisionnement. L’entreprise doit également montrer comment elle identifie les risques liés à ses partenaires, sélectionne les fournisseurs et suit leurs performances.

Formaliser une politique d’achats durables

Une politique d’achats responsables doit préciser les attentes envers les fournisseurs sur les sujets pertinents : conditions de travail, respect des droits humains, prévention de la corruption, émissions de gaz à effet de serre, gestion des déchets ou utilisation des ressources.

Ces exigences peuvent être intégrées à une charte fournisseurs, aux documents de consultation et aux contrats. Il est important de distinguer les engagements généraux des critères effectivement appliqués lors de la sélection des partenaires.

La politique doit également indiquer les responsabilités internes et les modalités de suivi des engagements pris.

Évaluer les fournisseurs selon leurs risques

Toutes les relations fournisseurs ne présentent pas le même niveau de risque. Une démarche structurée peut commencer par une cartographie des partenaires, en tenant compte de critères comme la catégorie d’achat, le pays d’activité, le montant des dépenses ou la criticité du produit ou du service fourni.

À partir de cette analyse, l’entreprise peut mettre en place des questionnaires RSE, demander des justificatifs, conduire des audits ou prévoir des plans correctifs pour les fournisseurs les plus exposés.

Les preuves à conserver comprennent notamment les questionnaires envoyés et analysés, les résultats des évaluations, les comptes rendus d’audit et les actions engagées à la suite des écarts constatés.

Assurer un suivi dans la durée

L’évaluation des fournisseurs ne doit pas se limiter à leur référencement initial. Il convient de prévoir une fréquence de réévaluation adaptée aux risques et de suivre la résolution des non-conformités.

Les indicateurs peuvent porter sur la part des fournisseurs évalués, la couverture des fournisseurs prioritaires, le nombre d’audits réalisés ou le taux de clôture des plans correctifs.

Pour viser Gold, l’entreprise doit pouvoir montrer que les critères RSE sont intégrés aux décisions d’achat et que les résultats sont suivis, plutôt que de présenter uniquement une charte signée par ses fournisseurs.

📂 5. Optimiser la gestion des preuves documentaires

Un dossier EcoVadis de qualité ne repose pas sur le nombre de fichiers transmis, mais sur leur pertinence, leur validité et leur capacité à démontrer les pratiques de l’entreprise. Une politique bien rédigée ne compense pas l’absence de résultats mesurés ou de preuves d’application.

Fournir des documents précis, datés et adaptés à l’entité évaluée

Chaque justificatif doit permettre d’identifier clairement le sujet traité, la période couverte et le périmètre concerné. Les documents génériques, non datés ou sans lien évident avec l’activité de l’entité évaluée risquent de ne pas démontrer suffisamment les pratiques présentées.

Les pièces utiles peuvent notamment comprendre :

  • les politiques et procédures approuvées par la direction ;
  • les plans d’action et comptes rendus d’audit ;
  • les tableaux de bord et indicateurs de performance ;
  • les rapports environnementaux et sociaux ;
  • les certificats en cours de validité ;
  • les preuves de formation et d’évaluation des fournisseurs.

Pour chaque sujet, il est utile de vérifier que le document apporte une réponse directe à la question concernée. Un rapport annuel peut, par exemple, présenter les émissions de l’entreprise, tandis qu’un plan d’action précise les mesures prévues pour les réduire.

Respecter les périodes de validité

La fraîcheur des documents compte dans la préparation du dossier. Les périodes de validité dépendent du type de justificatif et des règles EcoVadis applicables. Des repères couramment mentionnés dans les ressources spécialisées sont une période pouvant aller jusqu’à huit ans pour certaines politiques et preuves d’action, contre environ deux ans pour les rapports, indicateurs et audits. Les certifications doivent rester valides à la date pertinente.

Ces durées ne doivent pas être considérées comme une règle uniforme pour tous les documents. Il est nécessaire de vérifier les exigences en vigueur dans le questionnaire et les consignes officielles EcoVadis. Même lorsqu’un document est encore recevable, il est préférable de l’actualiser si les pratiques, les objectifs ou le périmètre de l’entreprise ont changé.

Organiser les justificatifs avant de remplir le questionnaire

Une préparation efficace consiste à créer une matrice reliant chaque thème évalué aux politiques, actions et résultats disponibles. Cette matrice permet de repérer les sujets insuffisamment documentés et d’éviter les oublis lors de la transmission.

Niveau de preuveExemple de documentPoint à vérifier
PolitiquePolitique environnementale signéeObjectifs, périmètre et responsabilités
ActionPlan de réduction des émissions ou programme de formationMise en œuvre et date
RésultatTableau de bord annuel ou rapport d’indicateursDonnées chiffrées et période couverte
CertificationCertificat ISO applicableEntité couverte et date d’expiration
Achats responsablesÉvaluations fournisseurs et plans correctifsFournisseurs concernés et suivi des écarts

Cette organisation facilite aussi la préparation des prochaines évaluations, puisque les données peuvent être mises à jour au fil de l’année plutôt que rassemblées dans l’urgence.

📊 6. Réaliser une analyse des écarts avant la prochaine évaluation

Avant de lancer de nouvelles actions, l’entreprise a intérêt à examiner son score précédent et les commentaires disponibles. Cette analyse permet de distinguer les sujets pour lesquels les pratiques sont insuffisantes de ceux pour lesquels les mesures existent déjà, mais les preuves sont incomplètes.

Une analyse des écarts, souvent appelée gap analysis, peut suivre quatre étapes :

  1. Examiner les résultats précédents : identifier les thèmes les moins bien évalués et les éventuelles demandes de justificatifs complémentaires.
  2. Cartographier les preuves existantes : vérifier les politiques, les actions menées, les indicateurs disponibles et les documents encore valides.
  3. Classer les priorités : retenir les lacunes les plus importantes au regard des risques, du secteur d’activité et des exigences applicables.
  4. Définir un plan d’action : attribuer un responsable à chaque mesure, fixer une échéance et prévoir un indicateur de suivi.

Il est préférable de traiter les lacunes substantielles avant de consacrer du temps à la mise en forme de documents secondaires. Si une entreprise ne mesure pas ses émissions ou n’évalue pas ses fournisseurs à risque, la création de nouvelles présentations ne remplacera pas les données et les actions manquantes.

Des outils de pilotage ESG, comme Greenly, ou l’accompagnement d’un cabinet spécialisé peuvent aider à structurer les indicateurs, à suivre les actions et à préparer les justificatifs. Ils ne garantissent toutefois pas une médaille : la notation dépend de la démarche réelle, des preuves fournies et des règles d’évaluation applicables.

🗓️ 7. Construire un plan d’amélioration sur plusieurs mois

La préparation d’une évaluation Gold demande généralement une coordination entre plusieurs services : achats, ressources humaines, environnement, conformité, finance et direction. Un calendrier partagé permet de répartir les tâches et d’assurer la disponibilité des justificatifs.

Période indicativePrioritéActions
Mois 1DiagnosticAnalyser le score précédent, recenser les documents et identifier les écarts
Mois 2FormalisationMettre à jour les politiques et clarifier les responsabilités
Mois 3 à 4Mise en œuvreLancer les actions prioritaires, formations, évaluations fournisseurs ou mesures environnementales
Mois 5Mesure des résultatsConsolider les indicateurs, vérifier les données et documenter les progrès
Avant le dépôtContrôle finalVérifier la cohérence, la validité et la pertinence des justificatifs

Ce calendrier constitue un exemple d’organisation et doit être adapté à la taille de l’entreprise, à son niveau de maturité et au temps nécessaire pour obtenir des résultats mesurables. Certaines actions, comme la réduction des émissions ou l’amélioration des performances fournisseurs, nécessitent un suivi plus long.

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