Jusqu’à récemment, Mondial Relay s’appuyait sur un maillage dense de commerces de proximité, principalement des librairies, bureaux de tabac, épiceries ou pressings, pour assurer le retrait des colis. Ce modèle, bien ancré dans les habitudes, présentait cependant plusieurs contraintes : horaires d’ouverture limités, dépendance au personnel, files d’attente aux heures de pointe, et saturation pendant les pics d’activité, notamment en période de soldes ou de fêtes.
En fermant 3 500 relais, soit près de 20 % de son réseau national, l’entreprise entend rationaliser ses coûts, éviter les retards de traitement et améliorer la régularité du service. Ce repositionnement vise à concentrer les ressources sur des solutions plus automatisées, perçues comme plus stables et évolutives.
Montée en puissance des consignes automatiques dans la stratégie de livraison
Mondial Relay oriente désormais ses efforts vers le déploiement massif de consignes automatiques, souvent implantées en extérieur, à proximité des zones commerciales, des gares ou des parkings de supermarché. Ces casiers sécurisés permettent de retirer un colis 24h/24 et 7j/7, sans interaction humaine.
D’après les chiffres de l’entreprise, plus de 1 800 consignes sont déjà opérationnelles en France, avec un objectif annoncé de 4 500 casiers d’ici 2026. Le taux d’utilisation de ces installations a bondi de +70 % en un an, confirmant l’adoption croissante de ce format par les consommateurs, notamment urbains.
Les casiers présentent aussi l’avantage de réduire les coûts logistiques, en supprimant les délais liés aux horaires d’ouverture ou à la gestion manuelle des colis. Ils facilitent également la mutualisation des tournées de livraison, ce qui contribue à limiter les émissions de CO₂, un point mis en avant par l’entreprise dans sa communication.
Quelles conséquences pour les commerçants partenaires ?
La fermeture de plusieurs milliers de relais inquiète une partie des commerçants qui voyaient dans cette activité un complément de revenus et de fréquentation. Selon les estimations de la Confédération des buralistes, le partenariat avec Mondial Relay pouvait rapporter entre 150 et 400 euros par mois à un commerce selon le volume de colis traités.
Certains professionnels dénoncent une perte de trafic en magasin, et s’interrogent sur les critères de sélection des relais supprimés. Mondial Relay assure de son côté avoir opéré des choix en fonction de la densité de l’offre locale, de la satisfaction client et des contraintes logistiques, sans fermer de manière arbitraire.
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Quel accueil chez les consommateurs ?
Les clients habitués aux points relais traditionnels, notamment en zone rurale ou périurbaine, pourraient se trouver désorientés par la disparition de leur relais habituel. Dans certains départements peu denses, les casiers automatiques restent encore peu nombreux, ce qui pourrait allonger les distances à parcourir pour retirer un colis.
Toutefois, une partie croissante des utilisateurs semble apprécier la souplesse horaire et la rapidité qu’offrent les consignes. Une étude menée par l’Ifop pour la Fevad indique que près de 58 % des Français préféreraient utiliser une consigne automatique si elle est située à moins de 10 minutes de leur domicile ou de leur lieu de travail.
Une mutation logistique dans un secteur sous pression
Cette réorientation s’inscrit dans un contexte de forte concurrence sur la livraison du dernier kilomètre. Entre les modèles de retrait en magasin (click & collect), les livraisons à domicile et les solutions hybrides proposées par Amazon, Chronopost ou La Poste, Mondial Relay doit faire évoluer son offre pour rester compétitif.
La réduction du nombre de relais physiques permet aussi d’anticiper une hausse des volumes de colis, liée à la progression continue du e-commerce en France. En 2024, la Fevad estimait à 725 millions le nombre de colis envoyés via les réseaux alternatifs comme Mondial Relay, Pickup ou Relais Colis.







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